Contrat d’infogérance : que doit-il inclure ? (checklist + clauses clés TPE/PME)

checklist ce que de contenir contrat infogerance

Quand un prestataire d’infogérance vous parle de “support illimité” dans son contrat, la vraie question est : illimité… sur quel périmètre, avec quels délais, et quelles preuves ?

Un contrat d’infogérance utile n’est pas “beau” : il est opérable. Il définit clairement quoi, qui, quand, comment on mesure, et comment on sort.

🔗 Pour tout savoir sur l’infogérance, voir: comprendre l’infogérance.

Les 6 blocs indispensables d’un contrat d’infogérance (checklist)

  1. Périmètre + annexes (inventaire, périmètre inclus/exclus, gestion des changements)
  2. SLA & support (horaires, délais, criticité, escalade, ticketing) << voir article dédié
  3. Responsabilités (RACI) + obligations réciproques
  4. Sécurité & données + cadre RGPD (rôle de sous-traitant, audits, instructions)
  5. Gouvernance & reporting (preuves, indicateurs, COPIL)
  6. Réversibilité & fin de contrat (restitution, formats, délais, accompagnement)
checklist ce que de contenir contrat infogerance

1. Périmètre : le contrat doit dire “ce qui est dedans”… et “ce qui ne l’est pas”

Le périmètre est la clause qui évite 80% des conflits.

À exiger noir sur blanc :

  • Services couverts : support utilisateurs, serveurs, M365, réseau, sauvegardes, cybersécurité “socle”, supervision, etc.
  • Éléments couverts : liste en annexe (postes, serveurs, switches, firewalls, sites, comptes, tenants, etc.)
  • Exclusions : “projets”, déploiements majeurs, postes non standard, applis métier non supportées, interventions sur site hors zone, etc.
  • Gestion des changements : comment on ajoute/retire un site, un utilisateur, un serveur (et comment le prix évolue).→ Cherchez une logique de versioning d’annexe (date, signature, delta).

🚩 Drapeau rouge : “tout est inclus” + aucune annexe d’inventaire.

🔗 Guide détaillé: comprendre le RUN: ce qui est inclus ou non dans le périmètre de linfogérance

🔗 Pour aller plus loin : différences entre infogérance et maintenance informatique

2. SLA : délais, horaires, criticité… et escalade (sinon c’est du support au feeling)

Un SLA (Service Level Agreement) décrit les engagements de service : quand vous pouvez appeler, sous quel délai on vous répond, et sous quel délai le service est rétabli.

Minimum à cadrer :

  • Plages horaires (heures ouvrées ? 24/7 ? astreinte ?)
  • Criticité / priorités (P1/P2/P3) : ex. “arrêt total”, “dégradation”, “demande standard”

Délais :

  • GTI (Garantie de Temps d’Intervention) : le délai de prise en charge.
  • GTR (Garantie de Temps de Rétablissement) : le délai pour rétablir le service ou fournir une solution de contournement.
  • Canaux & ticketing : portail, mail, téléphone, et ce qui fait foi (le ticket).
  • Escalade : niveaux (technicien → expert → responsable), et les délais associés à chaque escalade.

À rendre mesurable :

  • Taux de respect des SLA (en %)
  • Temps moyen de résolution
  • Nombre de tickets en attente (backlog)
  • Analyse des incidents récurrents et de leurs causes.

🔗 Article détaillé : évaluer et comprendre le SLA en infogérance

3. Responsabilités : qui fait quoi (RACI ) + obligations du client

Beaucoup de contrats détaillent les obligations du prestataire… et oublient celles du client. Résultat : “on ne peut pas intervenir” devient un motif de blocage.

Inclure :

  • Matrice RACI : qui est Responsable, Approbateur, Consulté, Informé pour chaque domaine (postes, serveurs, sécurité, sauvegardes, fournisseurs).
  • Accès & comptes : gestion des comptes administrateur, accès délégués, authentification multifacteur (MFA), utilisation d’un coffre-fort de mots de passe, et traçabilité des actions.
  • Obligations du client : nommer un interlocuteur référent, valider les changements, être disponible pour les tests, informer sur les incidents, et garantir un usage conforme des systèmes.
  • Obligation de moyens vs résultats : clarifier la nature de l’engagement du prestataire, sans promesses irréalistes comme “zéro panne”.

Astuce pratique : ajoutez une mini-liste “ce qui nécessite validation” (ex. changement DNS, règle de pare-feu, mise à jour majeure, restauration de sauvegarde).

4. Sécurité & données : exigez des “mesures + preuves”, pas des slogans

Deux niveaux à traiter :

a) Socle de sécurité

Un contrat d’infogérance devrait au minimum cadrer :

  • Gestion des correctifs de sécurité (patching).
  • Sauvegardes et tests de restauration réguliers.
  • Gestion des accès administrateur.
  • Supervision et alertes de sécurité.
  • Journalisation minimale des événements.

Référence “socle” : L’ANSSI publie un guide d’hygiène informatique avec des mesures de base pour réduire fortement les risques.

b) Cadre contractuel RGPD

Si votre prestataire accède à des données personnelles, le contrat doit encadrer la relation responsable de traitement ↔ sous-traitant. La CNIL rappelle la nécessité d’un contrat reprenant les dispositions de l’article 28 du RGPD, la traçabilité des instructions, la possibilité d’audits, et la notification des violations de données “dans les meilleurs délais”.

À mettre au contrat (niveau pratico-pratique) :

  • Instructions documentées (et comment elles sont validées).
  • Sous-traitants ultérieurs (autorisation, liste, mise à jour).
  • Audits (fréquence, périmètre, préavis).
  • Gestion des incidents & violations (processus, délais de notification).
  • Fin de prestation : suppression ou restitution des données selon vos instructions.

🚩 Drapeau rouge : “nous garantissons votre conformité RGPD”.

La conformité se pilote, elle ne se “transfère” pas. Le RGPD insiste sur des mesures adaptées au risque (sécurité du traitement).

🔗 Pour aller plus loin : Article sur l’article 28 du RGPD et les preuves à fournir.

5. Gouvernance : ticketing, reporting, COPIL… et “preuves attendues”

C’est ici que vous rendez l’infogérance pilotable.

À inclure :

  • Outil de ticketing avec accès client et possibilité d’export.
  • Reporting mensuel : incidents, respect des SLA, actions préventives, état du parc (entrées/sorties), recommandations.
  • Rituels : point de suivi mensuel et COPIL (Comité de Pilotage) trimestriel (ou une cadence adaptée à la taille de votre entreprise).
  • Livrables : comptes-rendus, plans d’actions, suivi des risques.

Le test simple : si vous ne pouvez pas prouver ce qui a été fait, vous ne pouvez pas piloter.

6. Réversibilité : la clause qui sauve une sortie propre

La réversibilité définit comment vous récupérez la main (ou changez de prestataire) : données, configurations, accès, documentation, et assistance à la transition.

À minima, cadrer :

  • Livrables de sortie (export des comptes, documentation, schémas, inventaire, mots de passe remis via un canal sécurisé).
  • Formats (lisibles et exploitables).
  • Délais (préavis, durée du transfert).
  • Coût (inclus ? forfait de sortie ? TJM ?).
  • Continuité du service pendant la bascule.

🔗 Article détaillé : évaluer la clause de réversibilité en infogérance

7. Prix, hors-forfait, changements : là où naissent les mauvaises surprises

Ce n’est pas “le prix” qui compte : c’est ce qui déclenche du hors-forfait.

À cadrer :

  • Ce qui est forfaitaire (Maintien en Condition Opérationnelle, support, supervision… ).
  • Ce qui est considéré comme un projet (migration, déploiement, refonte).
  • Modalités d’intervention sur site (zone géographique, délais, frais).
  • Révisions tarifaires (indexation, révision annuelle, ajustement en fonction du parc/utilisateurs).
  • Gestion des tiers : éditeurs de logiciels, opérateurs télécoms, matériel (qui gère quoi).

Drapeaux rouges :

  • “Support illimité” combiné à un “hors-forfait à la discrétion du prestataire”.

8. Durée, résiliation, renouvellement : éviter le piège de l’engagement silencieux

Même pour un contrat de TPE/PME, il faut cadrer :

  • Durée initiale et conditions de renouvellement (tacite ou non).
  • Préavis de résiliation.
  • Conditions de fin de contrat (réversibilité et restitution des données).
  • Gestion des litiges, médiation et juridiction compétente.

9. Drapeaux rouges et grille de comparaison rapide

🚩 7 drapeaux rouges classiques

  1. Support “illimité” sans périmètre ni annexe d’inventaire.
  2. SLA absent ou non mesurable (pas de GTI/GTR, pas d’escalade).
  3. Pas de preuves (reporting, export des tickets, comptes-rendus).
  4. Réversibilité floue (pas de livrables, de délais ou de coûts définis).
  5. “Sécurité/RGPD” en slogans, sans processus ni audits concrets.
  6. Hors-forfait non défini et gestion des changements non cadrée.
  7. “Tout est chez le prestataire” sans règles d’accès, de traçabilité ou de restitution.

Grille express pour comparer deux contrats

ClauseÀ écrirePreuve attendue
PérimètreInclus/exclus + annexe d’inventaire + versioningAnnexe datée + historique des versions
SLAHoraires + criticité + GTI/GTR + escaladeTableau des SLA + statistiques mensuelles
TicketingOutil + accès client + exportExports des tickets + historique
SécuritéPatching, sauvegardes, accès admin, logsRapport mensuel + tests de restauration
RGPDRôle de sous-traitant, instructions, audits, incidentsAnnexe sur la protection des données + procédure d’incident
GouvernanceCadence des réunions + COPIL + livrablesComptes-rendus + plans d’actions
RéversibilitéLivrables + formats + délais + coûtChecklist de sortie

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FAQ – Questions fréquentes

1. Que doit contenir un contrat d’infogérance ?

Un contrat d’infogérance doit au minimum inclure : le périmètre (ce qui est couvert et ce qui ne l’est pas), les niveaux de service (SLA), les responsabilités de chaque partie (RACI), les mesures de sécurité et le cadre RGPD, la gouvernance (reporting, réunions), et une clause de réversibilité pour la fin de contrat.

2. Qu’est-ce qu’un SLA en infogérance ?

Le SLA (Service Level Agreement) est un engagement sur la qualité de service. Il définit les délais de prise en charge (GTI) et de résolution (GTR) des incidents, les plages horaires du support, et les niveaux de priorité.

3. Comment définir le périmètre d’un contrat d’infogérance ?

Le périmètre doit être défini précisément via une annexe listant tout le matériel, les logiciels et les services couverts (serveurs, postes, M365, etc.). Il doit aussi clairement mentionner les exclusions (ex: projets, applications métier spécifiques).

4. Quelle différence entre maintenance informatique et infogérance ?

La maintenance est souvent réactive (on répare ce qui casse), tandis que l’infogérance est proactive et inclut la gestion, la supervision, la sécurité et le conseil stratégique sur l’ensemble du système d’information.

5. Qu’est-ce que la clause de réversibilité ?

C’est une clause qui organise la fin du contrat. Elle garantit que vous pourrez récupérer l’ensemble de vos données, configurations et accès dans un format exploitable, et définit l’assistance que le prestataire doit fournir durant la transition.

6. Quelles obligations RGPD pour un prestataire (sous-traitant) ?

Le prestataire doit agir uniquement sur instruction du client, garantir la confidentialité des données, notifier toute violation, permettre des audits, et supprimer ou restituer les données en fin de contrat, le tout formalisé dans une annexe dédiée.

7. Comment éviter le hors-forfait surprise ?

Le contrat doit lister précisément ce qui est inclus dans le forfait et ce qui est considéré comme un projet ou une prestation hors-forfait (ex: déploiement majeur, intervention hors-horaires). Toute prestation non listée doit faire l’objet d’un devis.

8. Quelles preuves exiger chaque mois (reporting) ?

Exigez un rapport mensuel incluant : le respect des SLA, le nombre de tickets ouverts/fermés, les actions de maintenance préventive réalisées, l’état des sauvegardes, et les recommandations de sécurité ou d’évolution.

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